Oui, être le personnage c'est l'empathie et la mise de côté du "je". En plus faut aimer le personnage, le comprendre, même s'il n'est pas soi, c'est un peu pareil pour l'écriture. Tenir le rôle d'un personnage dont on développe le caractère sans le juger. C'est pourquoi je dis "tu n'es pas toi à l'instant" faut pouvoir s'oublier totalement.
Il y a l'idenfication aussi, qui "construit" les enfants jusqu'à je ne sais plus quel âge lol. Atta je te trouve un truc lu récemment hoplàboum :
"Pierce oubliait, comme tous les adultes, la peine que les enfants se donnent pour faire semblant, la concentration _ et non l'expansion_ de la volonté, l'effort conscient pour effacer la décision, consciente, de feindre ce que les enfants tendent à faire, parfois, hypnotisant ceux qui trouvent cela difficile, et malmenant si nécessaire ceux qui ne se laissent pas convaincre) ; puis le constant élagage des produits de l'imagination _ éliminer les contradictions sans y réfléchir, négliger les aventures usées, toujours envoyer le ballon dans l'inconnu. Lorsque ces jardins lui furent tous fermés, ces puits recouverts, Pierce ne se souvint plus qu'il avait excellé à tout cela." Amour et Sommeil de John Crowley.
Quand je parle de la vision stupide des gens qui pensent que ce métier n'est que du domaine du paraître, je ne suis pas d'accord.
S'ils sont fermés comme des coffre-forts et que sans la forcer, on veut parvenir à ce qu'ils rencontrent leurs émotions, pour que le "jeu" soit correct, on n'est plus du tout dans le paraître. Il faut qu'ils puissent se projetter à fond dans le flot de paroles, dans ce qu'ils voient, dans les silences, dans l'histoire. S'ils se rencontrent à travers un récit "universel" c'est réussi. Si l'acteur s'efface suffisamment pour que le personnage existe, ils ne verront qu'un personnage qui leur sera un maître mais sans les forcer, sans qu'ils ressortent trop tourmentés par la vérité, mais s'il faut qu'ils n'oublient pas, l'émotion doit leur avoir été restituée à l'état pur afin que leur rejet de gestes, que justement, leurs mauvais sentiments n'aient pas été sollicités.
Un personnage au service de l'histoire, suffisamment puissant pour que persiste l'émotion et le changement, et un acteur au service de l'histoire et du personnage. Je pense aussi à l'énergie développée par des tragédiens, qui doivent "tenir" des heures en scène, et être en tension permanente le personnage. Elle ne peut s'alimenter des affects et motifs propres à un être ordinaire mais doit être au service de...
Mais selon mon avis personnel, nul besoin de "puissance" un acteur qui joue un ptit personnage tout simple, peut être aussi convainquant que quelqu'un dont on applaudira la performance.
Pour ce qui est du mensonge dont tu parles, c'est pas trop mon cas, je ne suis pas assez terre-à-terre pour m'aventurer dans le mensonge, je partirai trop vite comme un ballon gonflé à l'hélium lol.
Pour la schizophrénie, je crains qu'elle m'ait approvisée j'en ai pas mal de symptômes mais je préfère dire "shizoïdie" c'est plus chou, ça minimalise la chose et j'ai le droit de penser ce que je pense et gniark à la soçayeuti. J'avoue que ça me ferait un peu chier qu'on dise "aaaaah ste madame bouddah c'est un personnaaaaaaaaaage".
Je ne suis pas un numéro, je suis une femme liiiibre.
Je euh, vous souhaite une belle journée, y refait moins humide, je m'imagine moins mourir de pleurésie dans les jours qui viennent, ouf.
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Il fait beau même quand il fait pas beau, c'est tout, c'est comme ça.